Antitsiganisme : les derniers rapports de la CNCDH et de la Défenseure des droits

En avril 2021, Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances, a lancé une consultation citoyenne sur les discriminations. La Défenseure des droits présente ses recommandations pour favoriser l’élaboration d’une politique de lutte contre les discriminations ambitieuse et appelle à se mobiliser pour les droits des personnes roms !

La Défenseure des droits tient à rappeler que les pouvoirs publics doivent tenir compte dans toutes leurs décisions du fait que la communauté Rom constitue un « groupe socialement défavorisé et vulnérable » qui demande une attention et protection particulières, reconnues comme tel par la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Au regard de la stigmatisation dont ce groupe fait l’objet, la Défenseure des droits appelle à intégrer pleinement cet enjeu au “Plan de lutte contre le racisme” et à toute stratégie de lutte contre les discriminations fondées sur l’origine.

Parmi les enfants vulnérables, la Défenseure des droits, à l’instar du Comité ONU des droits de l’enfant, est particulièrement préoccupée par les conditions d’existence des enfants vivant dans des bidonvilles, notamment des enfants Roms, dont les familles sont régulièrement visées par des expulsions non accompagnées de solutions adaptées de relogement“.

 

Lire les recommandations de la Défenseure des Droits

 

 

Le 22 juillet 2021, la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) présentait son 30e rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Un chapitre est consacré aux facteurs explicatifs de l’hostilité contre les roms en France.

Ce dernier rapport vient rappeler que la lutte contre l’antitsiganisme est encore longue, les personnes roms restent la minorité la plus mal-perçue par les français : 74% des sondés pensent par exemple que les “Roms migrants” sont pour la plupart nomades. 

Le rapport de la CNCDH montre qu’au cours de l’année 2020, les Roms ont moins souvent été pris comme boucs émissaires par les élites politiques, sociales et médiatiques. C’est une avancée par rapport aux années précédentes et notamment 2019 où les personnes roms (ou identifiées comme telles) avaient été l’objet d’agressions et de persécutions particulièrement graves.

 

Les recommandations de la CNCDH :

  • Le Service central du renseignement territorial (SCRT) devrait mieux quantifier et identifier les évolutions du racisme anti-roms en France (à l’instar du racisme anti-asiatique) et de ses marqueurs concrets comme les discours de haine ;
  • L’histoire des populations et des territoires ultramarins, ainsi que celle des populations roms et des Gens du voyage, devrait
    également être davantage prise en compte ;
  • L’élaboration d’un plan d’action national de lutte contre le racisme anti-Roms qui serait inclus dans le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (de la DILCRAH).

Télécharger le rapport de la CNCDH