Face aux difficultés constatées pour l’accès à une couverture maladie par les ressortissants européens – en particulier inactifs – la coordination nationale du CNDH Romeurope a porté avec ses partenaires associatifs un plaidoyer auprès de la Direction de la Sécurité Sociale du Ministère de la santé et des solidarités visant à faire évoluer les pratiques des Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM).

Le principal blocage constaté était lié au fait que les caisses demandaient aux personnes sollicitant un accès à la protection maladie qu’elles prouvent n’avoir aucun droit ouvert à ce titre dans leur pays d’origine, et que les dossiers étaient bloqués en l’absence de ce document justificatif quasi impossible à obtenir.

Fin décembre nous avons reçu la circulaire-41/2019 précisant les documents nécessaires pour l’ouverture des droits maladie des “ressortissants communautaires inactifs”, ainsi que les modalités particulières de prise en charge rétroactive pour les demandes effectuées du 1er janvier 2018 au 30 juin 2019.

Cette circulaire précise plusieurs points importants 1 :

  • Les pièces obligatoires pour l’étude du dossier sont : Le questionnaireRecherche de droits des ressortissants inactifs”, une pièce justificative d’identité, une pièce justificative de résidence et une pièce justificative de ressources. Les pièces justificatives peuvent être celles se trouvant dans le questionnaire “Recherche de droits des ressortissants inactifs” ou toute autre pièce justificative pouvant justifier de l’identité, de la résidence ou des ressources.
  • Par ailleurs, s’agissant des pièces relatives aux ressources, “si le ressortissant communautaire ne dispose d’aucune ressource ou s’il ne dispose d’aucune ressource justifiable, le demandeur doit l’indiquer sur le questionnaire; la production de pièce justificative n’est alors pas nécessaire“. Si d’autres pièces peuvent être réclamées en fonction de la situation du demandeur (attestation de fin de droits, certificat de scolarité, attestation pôle emploi etc), ceux-ci ne font pas entrave à la transmission du dossier de la CPAM au CREIC. Il appartiendra à présent au CREIC de solliciter, le cas échéant, ces pièces justificatives auprès des demandeurs.
  • La circulaire précise que l’attestation de fin de droits du pays d’origine demeure une pièce nécessaire à l’étude de la demande par le CREIC. Mais que lorsque le demandeur n’est pas en capacité de fournir cette attestation, il doit l’indiquer par écrit et joindre ce courrier au dossier. L’attestation de fin de droits sera alors demandée directement par le CREIC auprès du pays européen d’origine de la personne. En l’absence de réponse de la part du pays européen d’origine dans un délai d’un mois le demandeur est réputé n’avoir aucun droit à la protection maladie ouvert dans son pays d’origine.
  • Si le CREIC conclut à l’absence de droits assurance maladie, alors il oriente vers l’AME. Il est donc conseillé de faire dès le départ une double demande “assurance maladie” (passant pas le CREIC) et AME (en remplissant donc le formulaire de demande AME aussi, et pas seulement le dossier “Recherche de droits des ressortissants inactifs” CREIC), pour ne pas perdre des droits. Ce formulaire est disponible  sur le site Ameli.
  • Au regard des difficultés rencontrées, une procédure de prise en charge rétroactive des soins est instaurée à titre exceptionnel. Les personnes dont les dossiers n’auraient pas pu aboutir au cours de la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2019 sont encouragés à déposer une nouvelle demande (accompagnée des pièces justificatives précisées dans la circulaire à la page n°3). Les factures impayées des personnes doivent être jointes à cette nouvelle demande et la caisse “prendra l’attache de l’établissement de santé afin qu’il corrige sa facturation.
  1. Ces différents points émanent de la circulaire-41/2019 et ne représentent pas une prise de position de la part du CNDH Romeurope.