Rapport 2025 de la CNCDH sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie

 

En juillet 2026, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a publié son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, portant sur l’année 2025. Comme chaque année, le CNDH Romeurope a contribué à ce rapport sur la question de l’antitsiganisme.

Cette année encore, les Roms sont de loin la minorité la moins acceptée, 64% des Français·es les percevant comme « un groupe à part » (+5 points par rapport à l’année 2024).

Ce rapport consacre une partie sur la question de l’antitsiganisme en France (pages 323 à 353).

Cette année encore, des préjugés négatifs envers les Roms persistent, malgré une légère amélioration par rapport à 2024 :

  • 72% des personnes interrogées considèrent que les Roms migrants sont « pour la plupart nomades » – un niveau stable depuis deux ans ;
  • 53,4% pensent qu’ils et elles exploitent leurs enfants – une baisse de 6 points par rapport à 2024 ;
  • 49% pensent que les Roms « vivent essentiellement de vols et de trafics » – une baisse de 5 points par rapport à 2024.

Dans ce chapitre, un paradoxe est soulevé : « les Français n’ont jamais autant souhaité parler de l’extermination historique des Roms (64%), mais ils peinent encore à reconnaître leur citoyenneté présente (près d’un tiers la conteste). C’est le signe de ce que l’on pourrait nommer une « empathie distante » : une capacité à compatir avec la victime d’hier, tout en maintenant à distance, voire en rejetant, le précaire d’aujourd’hui.

Le reste du chapitre définit de manière précise ce qu’est l’antitsiganisme, et donne de nombreuses données intéressantes sur ses facteurs structurants.

Pour lire le chapitre « L’antitsiganisme en France : distante persistante et empathie distante » : ici.

 

Quelques éléments généraux issus de la synthèse de ce rapport :

⭢ Le sentiment anti-immigrés est le plus corrélé aux autres formes de haine. Plus on rejette les immigré·es, plus on rejette les personnes perçues comme juives, roms, noires etc., et plus on s’oppose à l’égalité entre femmes et hommes et aux droits des personnes LGBTI+.

En 2025, 9 737 crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été recensés par le Service statistique du ministère de l’Intérieur, soit une hausse de 5% par rapport à 2024. Cette statistique est largement sous-évaluée : 97% des personnes qui s’estiment victimes de racisme ne portent pas plainte.

⭢ La CNCDH relève un affaissement du portage politique en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, qui est notamment souligné dans l’évaluation faite du Plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (PRADO) 2023-2026. Cette dernière met en lumière un bilan très décevant du PRADO : défaillance dans la mise en oeuvre concrète d’une partie des mesures, échec de la gouvernance mise en place, abandon de certaines mesures entières du Plan.

 

➡️ Télécharger le rapport entier

➡️ Télécharger la synthèse du rapport