Pour Médecins du Monde, “aujourd’hui en France les plus précaires sont les plus mal soignés“. C’est le triste constat qui ressort de l’observation des activités des CASO (centres d’accueil, de soins et d’orientation) et des missions France de Médecins du Monde.

Voici quelques informations “clefs” à retenir du rapport 2018 :

Les personnes accueillies en CASO

  • Nationalité: 13% de ressortissants de l’UE dont 5% de nationalité roumaine et 1.7 % de nationalité bulgare.
  • Conditions de logement : 19.8 % à la rue ; 2.5 % en bidonville ; 3.6 % en squat ; 6 % en hébergement d’urgence pour 15 jours ou moins ; 9.3 % en hébergement (hors hébergement familial ou amical) depuis plus de 15 jours.
  • Scolarisation des mineurs :89 % des mineurs vivant dans un logement personnel sont scolarisés, contre 46% des mineurs hébergés, 31% des mineurs en squats ou bidonvilles et seulement 10.5% des mineurs à la rue.
  • Accès aux acteurs de proximité en matière de santé : seuls 21% des enfants étrangers de moins de 6 ans sont suivis en PMI, contre 34% des enfants français de moins de 6 ans.

L’accès aux droits et aux soins des personnes accueillies en CASO

Seules 13,3 % des personnes disposent d’une protection maladie en France lorsqu’elles viennent pour la première fois au Caso alors que 7 personnes sur 10 y ont droit au regard de leur situation administrative.

Les principaux obstacles à l’accès à une couverture médicale sont :

  • La complexité des démarches administratives,
  • Les pratiques abusives des caisses (refus d’adresse déclarative, demandes abusives de pièces, démarches dilatoires, perte des dossiers, etc.) ainsi qu’un désengagement général des services publics, qui se matérialise notamment par un accès physique aux caisses de plus en plus limité, une dématérialisation de l’accès aux droits, etc.
  • Pour les européens, l’existence d’une procédure spécifique (via le Centre Ressortissants Européens Inactifs CMUistes), qui rallonge considérablement les délais d’accès à l’Aide médicale d’Etat.

Parmi les autres obstacles à l’accès aux soins :

  • La barrière de la langue a été évoquée par 16% des personnes rencontrées par les équipes de MDM en 2017;
  • Les difficultés financières pour accéder aux soins sont évoquées par 1 patient sur 5 (avances de frais impossibles à assumer, impossibilité de souscrire à une complémentaire santé).

L’activité de Médecins du Monde en direction des habitants de bidonvilles 

  • Nombre de programmes MDM en direction des habitants de bidonvilles en France : 10 (Bordeaux, La Plaine Saint-Denis, Lyon, Marseille, Montpellier, Metz, Nantes, Strasbourg, Toulouse et Hénin-Beaumont)
  • Nombre de personnes ayant bénéficié des interventions des équipes de MDM en bidonvilles en 2017 : 2 400, dont 1/3 de mineurs.
  • Problématiques de santé fréquemment rencontrées : troubles digestifs, dermatologiques, respiratoires et ostéo-articulaires. Des troubles directement liées aux conditions de vie des personnes.

Les revendications principales de Médecins du Monde pour améliorer l’accès aux droits et aux soins des habitants de bidonvilles 

  • Amélioration des conditions de vie : accès à l’eau, sanitaires, et ramassage des ordures sur les lieux de vie;
  • Priorisation de la lutte contre les maladies à potentiel épidémique (gale, rougeole, tuberculose, IST…) y compris en cas d’expulsion prévue;
  • Modification du dispositif CREIC pour rendre plus rapide l’ouverture des droits et donc l’accès aux soins.