Madame,
Vous êtes la maire de la ville,
Je vous ai vue sur le campement de baraques désertées.
La pelleteuse était à l’oeuvre,
Elle déblayait, elle balayait les immondices.
Le terrain sera bientôt propre, enfin nettoyé.
La profonde tranchée empêchera quiconque de revenir s’installer.
Voilà, tout est rentré dans l’ordre,
Madame la maire de la ville.
Sur ce campement vivaient des familles assignées,
Et d’autres, qui pouvaient rester.
Mais elles ont eu peur,
On leur a conseillé d’aller s’installer ailleurs.
Ailleurs,
On a détruit leurs nouvelles baraques.
Lettre ouverte du 25 avril 2013
À Madame Nicole Klein, Préfète de Seine et Marne,
Monsieur Vincent Eblé, Président du Conseil Général de Seine et Marne,
Monsieur Paul Miguel, Président de la Communauté d’Agglomération de Marne la Vallée,
Madame et Messieurs les Maires des Communes du Val Maubuée.
Objet : Situation des populations en grande précarité.
De nombreuses personnes vivent en Seine-et-Marne dans des conditions
de dénuement et d’extrême précarité. Les Rroms en sont la partie la plus visible
et la plus exposée. La situation administrative qui leur est imposée freine
lourdement leur accès à l’emploi et par conséquence leur droit au logement.
Cependant, face à la détresse humaine et à ces conditions de vie
dramatiques, l’Etat et les collectivités locales ont des obligations légales, dictées
par de véritables devoirs de solidarité et d’humanité.
Alors que la politique d’évacuation des campements illicites provoque le déplacement des problèmes d’un territoire à l’autre (aujourd’hui à Vaires, Torcy, Champs, etc., soit 200 personnes selon les chiffres donnés par le Parisien du 15/09/2012), l’association Turbulences et le Réseau Education Sans Frontières 77 demandent :
une suspension des expulsions sur le territoire de Marne-la-Vallée, afin que puisse être établi un diagnostic social et sanitaire auprès des familles présentes sur chacun des campements, sous l’égide de la Préfecture, et selon les modalités fixées par la circulaire du 26/08/2012 ;
La mise en place d’un accompagnement social et sanitaire et d’une politique de scolarisation des enfants présents, dès la maternelle et sur toute la période de la scolarisation obligatoire.
des mises à disposition provisoires de terrains viabilisés pour éviter les campements illicites, garantissant des conditions de vie et d’hygiène décentes,
à termes, des propositions de relogement des familles concernées,
35 familles Roms Roumaines admises au séjour (avec cartes de 10 ans) ont été accueillies en 2000 à Lieusaint et ont intégré progressivement entre 2003 et 2007 le parc social des 8 communes de la Ville Nouvelle de Sénart, dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat (financement par l’Etat de 2, puis de 3 travailleurs sociaux, pour accompagner ces familles).
Le financement de l’Etat a duré 7 ans, jusqu’en avril 2007. Pas de problèmes particuliers pour ces familles qui passent inaperçues dans le tissu social. Elles sont suivies par les services sociaux du droit commun depuis 2007.
Subsistent des difficultés pour certaines familles……..