Monsieur le Premier ministre,
Une délégation associative a été reçue le 22 août 2012 et vous remercie de la qualité de cet important échange.
Par la présente, nous souhaitons vous faire part de certaines remarques suite à la publication de la circulaire, peu de temps après cette réunion.
Nous sommes satisfaits que cette circulaire dépasse le cadre du ministère de l’Intérieur et soit signée par sept de vos ministres. Elle reprend en partie nos revendications, notamment celles visant la réalisation d’un diagnostic préalable individualisé des populations présentes, en amont du démantèlement de lieu de vie, et l’élaboration de solutions alternatives privilégiant le droit commun.
Concernant l’intitulé de cette circulaire, nous regrettons vivement qu’il ne porte que sur l’anticipation et l’accompagnement des évacuations alors que nous attendions que l’accent soit mis sur l’accompagnement vers l’intégration.
Monsieur le Premier ministre,
Le Collectif National Droit de l’Homme Romeurope tient à vous exprimer sa grande déception et sa totale incompréhension de la politique de démantèlement de campements menée actuellement par le Ministre de l’Intérieur, qui ne semble pas marquer de rupture avec celles conduites depuis plus de 10 ans par les gouvernements précédents, ce qui amène la Commission européenne à alerter à nouveau les autorités françaises.
Début août, à Lyon, à Paris, à Lille, à Marseille, des évacuations de lieux de vie se sont encore déroulées sans proposition d’accompagnement des personnes expulsées, en termes d’hébergement ou de relogement, et de prise en charge des familles avec enfants, les abandonnant à la rue dans une précarité encore plus grande.
Monsieur le Ministre de lʼIntérieur
Ôtez moi dʼun doute ? Est ce bien vous qui avez, devant les Sénateurs tenu les propos suivant reproduit dans une interview au journal le Figaro du 25/07/2012
"Je suis très inquiet de la concentration dans une série de campements", a expliqué le ministre. "La situation aujourd’hui à Lyon, à Aix-en-Provence, en Seine-Saint-Denis, dans une partie de l’agglomération lilloise, nous oblige à prendre des décisions de démantèlement", a-til expliqué. "Je ne dis pas que ça règle le problème, a-t-il insisté ».
Est ce bien vous qui avez donné lʼordre au Préfet des Bouches-du-Rhône dʼutiliser la force publique pour jeter une nouvelle fois à la rue des centaines de familles et dʼenfants à Marseille Aix-en-Provence et ailleurs ?
Ils sont ici chez nous depuis parfois plus de dix ans après avoir fui les guerres, la misère, le racismele plus odieux et la chasse à lʼhomme dont ils sont lʼobjet dans leur pays dʼorigine. Ces pays, vous les connaissez, ils font certes partie de lʼUnion Européenne, mais leur politique dʻextermination assumée devrait vous rappeler quelques mauvais souvenirs.
Que vont devenir Maria ou Olga et leurs enfants qui ont fui lʼex-Yougoslavie depuis plus de dix ans et ont réussi à survivre
Le Collectif leur demande de manière concrète quels sont leurs engagements concernant la fin des mesures transitoires imposées aux ressortissants roumains et bulgares, le respect effectif de leurs droits fondamentaux et la fin des pratiques abusives et discriminatoires des pouvoirs publics.
En accompagnement de cette lettre le Rapport "Les Roms bouc émissaires d’une politique sécuritaire qui cible les migrants et les pauvres" leur a été adressé. Celui-ci dresse un bilan des politiques publiques menées ces deux dernières années à l’encontre des Roms migrants et les revendications du Collectif qui permettrait d’améliorer la situation de ces familles.
Réponses des candidats parvenues au 17 avril 2012 :
Lettre ouverte de Romeurope au gouvernement
Le premier janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’Union Européenne. Leurs ressortissants bénéficient donc en théorie des mêmes droits que les autres citoyens européens et notamment de l’un des piliers de la construction de l’Europe : la liberté de circulation et d’installation.
En théorie seulement, car les traités d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union Européenne prévoient la possibilité pour les Etats membres de déroger temporairement au droit communautaire et de restreindre l’accès au marché du travail des ressortissants de ces nouveaux pays membres.
Plusieurs États européens ont décidé de lever totalement les restrictions d’accès à leur marché du travail, d’autres l’ont ouvert seulement partiellement notamment pour certaines qualifications. Aujourd’hui dix Etats membres maintiennent des mesures transitoires, dont la France.