La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) publie son 27ème rapport sur l’état du racisme en France

 

Dans son dernier Rapport sur la lutte contre le racisme sous toutes ces formes publié le 22 mars 2018, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) dresse un état des lieux du racisme en France en 2017.

S’appuyant sur une enquête par sondage réalisée par des chercheurs afin de suivre l’évolution des opinions et des préjugés sur les différentes « minorités » en France, ce rapport relève que les Roms demeurent «  le groupe qui est le plus méconnu et qui est confronté au plus grand rejet de la part de la population ».

Si « une relative amélioration » de l’image des Roms dans l’opinion public est à noter, le rapport constate en effet que le racisme sous toutes ces formes continue d’affecter quotidiennement de nombreuses personnes s’identifiant comme Roms en France, et se traduit par de trop nombreuses discriminations dans l’accès aux droits fondamentaux (santé, éducation, emploi).

En témoigne le « léger recul de la tolérance » envers les groupes s’identifiant comme Roms. En effet, malgré une stabilisation générale de l’indice de tolérance, qui mesure l’évolution des préjugés en France depuis 1990, l’indice de tolérance envers les Roms aurait ainsi diminué de 2 points par rapport à 2016, passant de 36 à 34.

Ce rapport rappelle également que le racisme anti-rom continue d’être alimenté à la fois par la méconnaissance de ces populations et de leurs hétérogénéités mais aussi par les nombreux préjugés et stéréotypes persistants au sein de la société française. Malgré des évolutions positives tendant à la réduction de certains préjugés ces dernières années tels que « l’exploitation des enfants roms » ou encore la baisse continue de l’idée que les Roms ne voudraient pas s’intégrer à la société française, 66% des sondés considèrent encore que les Roms constituent « un groupe à part dans la société ».

Le rapport note que le préjugé le plus significatif à leurs égards concerne la perception de leur mode de vie considéré par une majorité comme principalement nomade. De même, le regard des chercheurs qui ont particpé à l’élaboration de ce rapport sur le « lent reflux des préjugés anti-roms » met aussi en exergue une « très forte corrélation entre la peur de l’avenir,le sentiment de déclassement et l’hostilité exprimée envers les Roms » , perçus par « ceux qui estiment que leur condition empire comme étranges, méchants et dangereux, comme des « privilégiés », des bénéficiaires d’une aide imméritée, des assistés favorisés ».