Circulaire du 26 août 2012 : quatre ans après, les bidonvilles sont toujours là ! – CP du 26 août 2016

Circulaire du 26 août 2012 : quatre ans après, les bidonvilles sont toujours là !

Paris, le 25 août 2016

Il y a quatre ans sept ministres signaient la circulaire du 26 août 2012 « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuations des campements illicites ». Celle-ci, appliquée de façon très hétérogène sur le territoire n’apporte pas les résultats attendus. En cette journée d’anniversaire, force est malheureusement de constater que cette circulaire ne permet pas de résorber les bidonvilles : de 394 sites recensés par la Dihal en aout 2013, ce sont 569 qui ont été recensés en avril 2016 alors que la population concernée reste stable.

Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope fait le triste constat de la continuité d’une politique d’expulsions répétées des habitants des bidonvilles et des squats. Cette politique reste à la fois coûteuse et inutile : elle ne fait que déplacer les bidonvilles et maintient les 17000 personnes concernées dans une instabilité qui ne fait qu’accentuer leur situation d’extrême précarité. Aussi, cette politique néfaste accentue l’hostilité et les préjugés à leur égard.

L’été est la période la plus « prolifique » en termes d’expulsions et cette année n’est pas une exception. Ainsi, depuis le mois de juin, ce sont au moins 1 700 personnes qui se sont retrouvées sans solution et à la rue. A Montreuil, Marseille, Goussainville, Grenoble, Saint Denis, Lyon et ailleurs, le constat de ces expulsions est le même : la situation des personnes ne s’améliore pas et les bidonvilles ne disparaissent pas.

Néanmoins, quand la circulaire s’applique, elle peut apporter des résultats : les 25 et 26 juillet, à Toulouse, 386 personnes vivant sur 4 bidonvilles dans le quartier de Montaudran ont été relogées dans des appartements. Reloger les habitants des bidonvilles est donc possible !

Le CNDH Romeurope appelle les décideurs, membres du gouvernement et élus des collectivités locales à changer d’approche. De nouvelles politiques de résorption des bidonvilles sont possibles. Toulouse en est l’exemple. Il est nécessaire de mettre fin aux expulsions répétées de bidonvilles pour pouvoir accompagner les personnes vers des solutions de logement dignes et pérennes.

Pour plus d’informations sur l’opération de relogement toulousaine cliquez ici

Téléchargez le communiqué de presse

Contact presse :
Guillaume Lardanchet : 06.86.85.99.83 // guillaume.lardanchet@horslarue.org
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« Expulsion d’un bidonville à St-Denis : la France s’assied sur les injonctions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme » – CP du 7 juillet 2016

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Expulsion d’un bidonville à St-Denis : la France s’assied sur les injonctions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Paris, le 7 juillet 2016

Hier, la France est encore une fois passée outre l’autorité de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Des dizaines de familles ont été mises à la rue dans le cadre d’une procédure d’expulsion visant les habitants d’un bidonville à Saint-Denis. Expulsion que la CEDH venait pourtant d’ordonner de stopper après avoir été saisie en urgence. Malgré les protestations des militants sur place et de l’avocate des familles, la Préfecture a continué l’expulsion et la destruction de ce lieu de vie, en toute illégalité.

Le bidonville « Coignet », situé derrière la gare de St Denis, existe depuis 2 ans. Il y a encore quelques semaines, c’étaient plus de 50 familles qui vivaient dans ce bidonville. Beaucoup ont fui leur lieu de vie avant l’arrivée de la police. Ce bidonville a fait l’objet d’un suivi tout particulier par la Préfecture : plusieurs opérateurs dont Adoma ont été envoyés afin d’accompagner vers l’emploi les personnes qu’ils considèrent comme « volontaires ». Résultat ? Il ne reste que quatre familles suivies actuellement. Et deux d’entre elles font d’ailleurs partie des 50 personnes ayant reçu une obligation de quitter le territoire français, dans un climat particulièrement tendu le 21 juin dernier. Malgré cet accompagnement, les membres de deux familles ont reçu, comme une quarantaine d’autres personnes, des obligations de quitter le territoire français le 21 juin dernier, dans un climat particulièrement tendu.

Avec plus de 1400 personnes roumaines éloignées en 2015, la France est la championne d’Europe dans l’éloignement des citoyens européens. Une belle conception de la citoyenneté européenne !

L’été arrive, avec son lot d’expulsions d’habitants de bidonvilles. Nous en avons compté plus de 30 sur le seul mois de juillet l’année dernière. Le Ministère de l’Intérieur espère-t-il faire plus cette année ? Une autre expulsion d’un bidonville habité par au moins 300 personnes est prévue pour juillet à St Denis, et d’autres lieux de vie sont menacés partout en France.

Nous demandons une vraie politique de résorption des bidonvilles, réellement respectueuse des droits des habitant-e-s, et un arrêt immédiat des expulsions. Ces exigences ne sont autres que celles portées par de nombreuses instances européennes et internationales qui ne cessent de produire des rapports accablants sur la France. Pour y parvenir, l’action publique doit être déclenchée dès l’installation d’un lieu de vie et un accompagnement de toutes les personnes qui y vivent doit être mis en place, le tout dans des conditions de vie dignes. Rien ne peut être construit sur l’expulsion, la démolition et le rejet.

Contact presse :
Manon Fillonneau – 06 68 43 15 15 – manon.fillonneau@romeurope.org
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Appel collectif du 20 juin – Journée mondiale réfugiés

Journée mondiale des réfugiés 2016 :

« Pour un accueil digne et respectueux des droits fondamentaux des étrangers en France »

Publié à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés le 20 juin 2016

Près de 60 millions de personnes étaient déplacées, demanderesses d’asile ou réfugiées à la fin de l’année 2015 selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés : un chiffre sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.

En France, un peu plus de 80 000 personnes ont sollicité l’asile en 2015. Si les premiers mois de l’année 2016 indiquent une augmentation relative (+23%) de ces demandes, ces chiffres sont sans commune mesure avec l’ampleur du défi et des efforts fournis par des pays tels que le Liban, la Turquie ou d’autres pays en d’Afrique.

S’il faut reconnaître les efforts déployés par le Gouvernement français pour renforcer les capacités d’accueil proposées aux réfugiés et demandeurs d’asile, ces mesures sont très insuffisantes et ne permettent pas à la France d’honorer ses engagements : non hébergement de nombreuses personnes demandant l’asile, délai de plusieurs mois pour accéder à la procédure, dégradation de la qualité de l’accompagnement, persistance de campements indignes, etc.

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, nous demandons une nouvelle fois au gouvernement de prendre les mesures à la hauteur de la situation, de respecter ses engagements internationaux, et de favoriser l’accueil dans la dignité et de manière pérenne des personnes contraintes à fuir la guerre et les persécutions. Face à une Europe frileuse qui se ferme et se replie sur elle-même, la France doit montrer la voie en apportant une réponse courageuse et humaniste.

ACCES SECURISE DES ETRANGERS AU TERRITOIRE FRANÇAIS et EUROPEEN

Nous réaffirmons avec force qu’il est urgent d’assurer un accès légal et sécurisé au territoire français des étrangers fuyant les dictatures et les zones de guerre. Le renforcement des contrôles aux frontières et les accords bilatéraux qui conduisent à enfermer et trier les étrangers, à l’instar de l’accord UE-Turquie, sont indignes et contraires aux valeurs que les Etats prétendent défendre. Ces mesures sont en outre criminelles car elles incitent les exilés à se tourner vers les réseaux et à prendre toujours plus de risques pour rejoindre l’Europe.
Depuis le début de l’année 2016, plus de 2 800 personnes au moins sont mortes en Méditerranée.

A l’inverse des choix politiques qui font primer les intérêts sécuritaires au détriment des droits humains, nous demandons d’une part que soient généralisés les mécanismes de réinstallation vers l’Europe des réfugiés à partir des pays de premier accueil, et d’autre part que soit étendue et facilitée la délivrance de visas aux personnes présentes dans ces pays et, souhaitant solliciter l’asile en France ou en Europe.

POUR UN PLAN NATIONAL SUR LE PREMIER ACCUEIL

Un plan national d’accueil global des exilés assurant leur prise en charge dès leur arrivée sur le territoire doit être mis en place. Aujourd’hui, les exilés arrivant en France au terme de leur parcours et qui n’ont pas de ressources ou de soutien communautaire n’ont souvent d’autre choix que de grossir les campements, dans le Calaisis comme à Paris, parfois durant plusieurs mois, avant d’être orientés vers un hébergement. Durant cette période, les citoyens et les associations tentent d’apporter le minimum vital aux exilés : repas, couvertures, kits d’hygiène…
Ces conditions de vie déplorables, qui touchent des personnes déjà affaiblies, sont intolérables et viennent dégrader encore l’état de santé physique et mentale de ces personnes.

Afin d’accueillir humainement ces personnes et de respecter nos engagements européens, un plan d’accueil global assurant l’hébergement de l’ensemble des exilés dès leur arrivée doit être adopté. Il reposera, entre autres choses, sur l’augmentation de l’offre de logements et d’hébergements pour l’ensemble des publics à la rue, sur la réduction des délais d’attente pour accéder à la procédure d’asile, sur la mise en œuvre d’un accompagnement sanitaire et social adapté, sur l’amplification des ouvertures de places d’hébergement pour les demandeurs d’asile et des bénéficiaires d’une protection afin de fluidifier l’ensemble du dispositif.

AMELIORER L’ACCUEIL DES ETRANGERS POUR CONSTRUIRE UNE SOCIETE OUVERTE ET SOLIDAIRE

L’insertion des étrangers en France est fortement liée à l’accueil qui leur est réservé à leur arrivée. Elle dépend aussi de l’accompagnement social dont ils pourront bénéficier tout au long de leur parcours. Sur ce point, la réforme de l’asile de l’été 2015 a abouti à une dégradation de l’accompagnement dans les structures d’hébergement qui ont dû réduire leur mission d’insertion, et ce, alors qu’un tiers des demandeurs d’asile obtiennent une protection internationale. Le regard sur les demandeurs d’asile doit changer. Ils ne peuvent plus être considérés comme de potentiels déboutés, mais comme nos futurs concitoyens, amenés à construire avec nous une société commune. Atteindre cet objectif passera nécessairement par la mobilisation des services publics et des associations sur l’accompagnement et l’accès aux droits sociaux, l’accès aux soins, l’apprentissage du français, la scolarisation des enfants, l’accès au logement, la formation professionnelle et l’accès à l’emploi.

Des dizaines de milliers de citoyens, bénévoles, salariés d’associations sont déjà mobilisés au côté des exilés arrivés en France. Le gouvernement se doit de prendre enfin le relais de cette dynamique d’accueil et de solidarité et, au-delà des politiques de gestion de crise à court terme, d’engager une politique volontariste d’accueil et d’intégration conforme à nos engagements internationaux et aux valeurs de la République.

>>>>Télécharger l’appel collectif du 20 juin – Journée mondiale des réfugiés

Signataires :

FNARS,
Secours Catholique,
Médecins du Monde,
Cimade,
Emmaüs France,
Emmaüs Solidarité
Comede,
Fondation Abbé Pierre,
France Terre d’Asile,
Centre d’action social protestant (CASP),
Fondation Armée du Salut,
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives,
Réseau ELENA,
Ligue des droits de l’homme (LDH),
UNIOPSS
JRS France,
Mouvement des compagnons bâtisseurs,
Groupement des Educateurs Sans Frontières (GREF),
Associations des cités du secours catholiques (ACSC),
Fédération Entraide Protestante (FEP),
Mouvement contre le racisme de pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ,
Collectif National Droits de l’Homme Romeurope (CNDH Romeurope),
Médecins sans frontières (MSF),
Secours Islamique France,
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT),
Centre Primo Levi,
CCFD Terre Solidaire,
Réseau Education Sans Frontières (RESF),
Habitat et Humanisme,
ADVOCACY France,
Dom’Asile,
Mouvement des Amoureux au ban public,
Association Service Social Familial Migrants (ASSFAM),
Grdr,
Fapil,
Comede,
Apprentis d’Auteuil,
Osiris,
Collectif Les morts de la rue,
Hors la Rue,
Collectif bidonville dans la ville,
Secours Populaire 76,
Turbulences Marne La Vallee,
Carrefour des solidarités Littoral Nord,
Ecodrom 93,
Aide à la scolarisation des enfants tsiganes et jeunes en difficulté 69 (ASET 69),
Association pour la Démocratie Nice,
Association d’accueil des demandeurs d’asile (AADA),
Français langue d’accueil,
L’Auberge des Migrants,
Habitat et Citoyenneté,
SALAM Nord Pas de Calais,
Welcome Metz,
COVIAM,
L’Union juive française pour la paix,
Association montalbanaise d’aide aux réfugiés (AMAR),
Agir Café Lyon,
La Fanfare Des pavés (Association artis-Mbc),
Comité Français pour la Solidarité Internationale,
Collectif « lecture Lyon 02 »
Association Contact Moselle,
Collectif Romeurope Antony-Wissous,
Collectif Romeurope94,
Collectif « Migrants: changeons notre regard! »
Réseau de solidarité des associations messines (RESAM),
Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits (CATRED),
Alynéa,
Secours populaire du 76,
Fédération de Seine-Maritime du Secours populaire,
La belle porte,
Flandre Terre Solidaire,
Femmes migrantes debout Migrations Santé Alsace,
Association Rasine Kaf,
Observatoire régional de l’intégration et de la ville (ORIV),
Association Habitat-Cité
Association A Travers Chants,
Maison des femmes de Paris,
RAJFIRE,
Association C.L.A.S.S.E.S.,
« Un toit pas sans toi »,
CEMÉA Alsace,
CCBL,
Observatoire du CRA de Palaiseau,
Roms Action Grenoble,
Réseau rouennais de Solidarité avec les Migrants, réfugiés, exilés, étrangers (RSM),
Université populaire de Lyon,
Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien aux Enfants des Squats

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« Surenchère de plusieurs maires dans le racisme et le rejet anti-Rom ! » – Collectif National Droits de l’Homme Romeurope

Communiqué de presse – Paris, le 19 avril 2015

Surenchère de plusieurs maires dans le racisme et le rejet anti-Rom !

Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope condamne sévèrement l’attitude du maire de Cogolin (Var) qui, dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, se vante d’avoir mis à la rue plusieurs dizaines d’adultes et d’enfants de nationalité roumaine, qu’il désigne comme « Roms », vivant dans des conditions d’extrême précarité dans sa commune. Ses propos racistes et la satisfaction qu’il semble éprouver à aggraver la situation de précarité de ces personnes nous choquent et témoignent d’un traitement d’une violence inacceptable.

Les actes et propos haineux proférés par certains maires envers les habitants des squats et des bidonvilles originaires d’Europe de l’Est sont nombreux, et dépassent les frontières du Var. Ces maires insistent sur l’appartenance ethnique, réelle ou supposée, de ces personnes à la « communauté rom » dans le seul but d’alimenter et de renforcer des préjugés et une forte stigmatisation à leur égard. Cette mise en scène du rejet assumé de personnes en extrême précarité rejoint le florilège de propos et actes stigmatisants de la part d’élus locaux.

Ainsi après avoir lancé une pétition pour expulser les habitants du bidonville installé dans sa commune, le Maire de Wissous (Essonne) s’est lui aussi vanté récemment de sa détermination et sa rapidité pour les expulser de sa ville. Ces personnes, victimes d’une situation de mal-logement extrême qu’elles n’ont pas choisi, sont seulement vues comme des troubles à la tranquillité. Faire payer aux personnes expulsées et à leurs soutiens associatifs la facture de l’évacuation des déchets suite à l’expulsion est l’objectif cynique du maire. Rappelons ici qu’il revient aux collectivités territoriales d’organiser le ramassage de déchet et l’accès à l’eau et aux sanitaires sur les bidonvilles.

Dans un édito à destination des habitants du 6ème arrondissement de Paris, le maire Jean-Pierre LECOQ regrette quant à lui l’abandon « du délit de vagabondage » et affirme que « la plupart des Roms appartiennent à des réseaux mafieux ».
Il y a deux jours, le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) a pris un arrêté municipal anti-stationnement pour éviter que des Roumains sans-abri vivant dans des voitures continuent de se garer dans les rues de sa ville. Encore une fois, la priorité a été de mettre à distance ces personnes indésirables sans élaborer aucune solution alternative pour ces adultes et ces enfants vivant à la rue.

Nous ne pouvons accepter ces paroles et actes d’élus qui enfoncent les habitants des squats et des bidonvilles – Roms ou non – dans une précarité et une stigmatisation toujours plus grande. Ils visent aussi à légitimer tous les actes discriminatoires à leur égard en occultant le fait que ces personnes, qu’elles soient à la rue, en bidonvilles ou en squats, Roms ou non, ont des droits fondamentaux qui se doivent d’être respectés.

Nous appelons le gouvernement à condamner fermement les propos anti-Roms et à les combattre efficacement, tout particulièrement lorsqu’ils sont tenus par des personnes publiques.

Contact presse :

Manon Fillonneau – 06 68 43 15 15 – manon.fillonneau@romeurope.org
Facebook: https://www.facebook.com/CNDHRomeurope
Twitter : @CNDH_Romeurope

cp._cndh_romeurope_-_surenchere_de_plusieurs_maires_dans_le_racisme_et_le_rejet_anti-rom.pdf Lire le communiqué de presse

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Lettre ouverte au Ministre de l’intérieur – 8 avril 2016 – Collectif du Tribunal d’opinion sur les violations des droits des enfants roms

Communiqué de presse – 8 avril 2016

A l’occasion de la 45ème journée internationale des Roms, nous tenons à exprimer notre profonde indignation quant aux politiques menées en France à leur encontre, tant aux niveaux national que local. Les récentes expulsions survenues en pleine période hivernale, mettant à la rue des milliers d’habitants de bidonvilles et de squats, dont de très nombreux Roms, ne sont que des illustrations tragiques des nombreuses violations de leurs droits et des discriminations qu’ils subissent. Les enfants en sont les premières victimes. Il y a urgence à penser une autre politique, humaniste, respectueuse, émancipatrice, qui permette aux Roms désireux de s’installer en France, notamment pour fuir la misère et le racisme d’ailleurs, de sortir de la précarité, et d’accéder à la santé, à l’éducation, à l’emploi et au logement.

A ce communiqué est jointe une lettre ouverte adressée ce jour par notre Collectif au Ministre de l’Intérieur, pour l’alerter sur la situation particulièrement préoccupante résultant des orientations ainsi que des carences de son action. Nous y soulignons que le courrier qu’il a adressé le 12 février 2016 au Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, en réponse à l’interpellation écrite de ce dernier le 26 janvier 2016 sur les atteintes aux droits des Roms et sur le « climat d’antitsiganisme » régnant en France, ne rend compte ni de la réalité de la situation ni des conséquences désastreuses de la politique de la France.

Collectif du Tribunal d’opinion sur les violations des droits des enfants roms
ASEFRR, Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation (CDERE), Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, Gisti, DEI-France (Défense des Enfants International), FERC-CGT, Hors la rue, Intermèdes Robinson, RESF, FSU, SNUIPP – FSU, SNPES-PJJ – FSU, SUD éducation, Syndicat de la Magistrature, UJFP, ASET93, JDJ-RAJS, Collectif Rom Paris

Contacts presse, pour le Collectif :

Patrick HENRIOT, Syndicat de la Magistrature
06 98 87 74 78

Manon FILLONNEAU, Collectif National Droits de l’Homme Romeurope
manon.fillonneau@romeurope.org
06 68 43 15 15

lettre_ouverte_a_b._cazeneuve_-_8_avril_2016.pdf Lire la lettre ouverte du Collectif du Tribunal d’opinion sur les violations des droits des enfants roms à M. Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’intérieur.

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Stratégie régionale pour les habitants des squats et bidonvilles en Île-de-France : l’Etat peut mieux faire ! – Communiqué et contribution du Collectif Romeurope Ile-de-France

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 5 avril 2016

STRATEGIE REGIONALE POUR LES HABITANTS DES SQUATS ET BIDONVILLES EN ILE-DE-FRANCE : L’ETAT PEUT MIEUX FAIRE !

Le 5 avril 2016, le Collectif Romeurope Ile-de-France* a envoyé au Préfet de région Jean-François Carenco et à la presse ses observations au sujet de la « Proposition de stratégie régionale pour les campements illicites en Ile-de-France ».

Le Collectif Romeurope Ile-de-France salue l’initiative du Préfet de région attendue depuis longtemps par les associations et certaines collectivités.

Il nous faut néanmoins souligner que cette stratégie n’apporte aucun élément contraignant ni pour l’Etat, ni pour les collectivités. Elle est dépourvue d’objectifs quantifiés, de temporalités et de moyens adaptés et chiffrés. Ce texte laisse présager une application très inégale sur les territoires, selon la « bonne volonté » des préfets et des collectivités. Par ailleurs, affirmer que la problématique est « une situation très complexe à gérer » et un « défi pour la cohésion sociale » pose les bases d’une approche stigmatisante dont les habitants des squats et des bidonvilles pâtissent déjà fortement.

Si l’intégration dans le droit commun des habitants des bidonvilles est une politique ambitieuse, elle est plus que réalisable si une politique régionale et nationale avec l’implication de tous les acteurs -institutionnels, élus, associatifs, habitants des squats et bidonvilles – est réellement mise en place. Son socle doit être l’acceptation de l’existence des bidonvilles en France, qui ne sont que le symptôme d’un mal logement. Les solutions doivent être variées, adaptées à chaque situation individuelle.

Nous déplorons que la proposition de stratégie régionale conditionne à de multiples reprises l’accès au droit commun des habitants des bidonvilles et des squats à la démonstration d’une « volonté d’intégration », même lorsqu’il s’agit de droits inconditionnels. La participation des habitants des bidonvilles et des squats, premiers concernés, n’a d’ailleurs pas de place dans la stratégie régionale proposée. Quant aux associations, elles sont le plus souvent présentées comme opératrices ou substituts à l’inaction publique.

Le Collectif Romeurope Ile-de-France exprime ses plus grandes réserves quant à l’utilisation d’un opérateur unique, la Plateforme d’Accueil d’information d’orientation et de suivi (opérée par Adoma) dont les méthodes sélectives et les résultats ont été jusqu’à présent peu probants.

Nous serons extrêmement vigilants pour veiller à ce que ces observations, élaborées collectivement et détaillés ci-dessous, soient bien prises en compte dans la version finale de la stratégie régionale, qui sera présentée le 13 avril à la Préfecture de région. Nous attendons un signal plus fort de l’Etat afin qu’il s’engage concrètement dans la résorption des bidonvilles en Ile-de-France en démontrant une volonté alliant des moyens et des ressources tant humaines que financières et en mobilisant systématiquement les outils du droit commun.

CONTACT :
Manon Fillonneau, Collectif National Droits de l’Homme Romeurope : manon.fillonneau@romeurope.org // 06 68 43 15 15

* Le Collectif Romeurope Ile-de-France est composé de de 25 associations et collectifs œuvrant pour le respect des droits et l’accès au droit commun des habitants des squats et des bidonvilles originaires d’Europe de l’Est.

contribution_romeurope_ile-de-france_a_la_strategie_regionale.pdf Téléchargez la contribution du Collectif Romeurope Ile-de-France à la proposition de stratégie régionale de la Préfecture de région.

proposition_strategie_regionale_pour_les_campements_illicites_en_ile-de-france_-_prif.pdf Téléchargez la « Proposition de stratégie régionale pour les campements illicites en Ile-de-France » de la Préfecture de région Ile-de-France
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Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville

Paris, le 20 juillet 2015
Communiqué de presse Romeurope
Un grand nombre de bidonvilles est expulsé sans solution d’hébergement ou de relogement pour les personnes, dans l’indifférence estivale.
Une situation dramatique qui vient de frapper de plein fouet 450 personnes à Nantes, 180 personnes à Marseille dont la moitié sont des enfants, 500 personnes à Chelles, 150 personnes à Ris-Orangis, 100 personnes à Ivry-sur-Seine, 50 personnes à Aubervilliers, Bordeaux, le Havre et Logne…
Une situation dramatique qui pèse également aujourd’hui sur plus de 400 personnes à Grenoble dont 160 enfants, comme vient de le dénoncer le maire de Grenoble dans une lettre ouverte au Président de la République, mais aussi 240 personnes dont 100 enfants à La Courneuve, 300 personnes à Saint-Denis, 200 personnes à Bordeaux, à Nantes…

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Communiqué Romeurope du 11 juin – Ne laissons pas mourir les enfants dans les bidonvilles !

Deux enfants de 4 et 5 ans ont perdu la vie dans deux incendies de bidonvilles cette semaine : à Carrières-sous-Poissy dimanche et à Lille lundi. Dans les deux cas, l’origine de l’incendie n’est pas encore connue. Ces deux tragédies sont loin d’être isolées. Depuis 2013, au moins six autres personnes (dont trois enfants) sont mortes brûlées dans l’incendie de leur squat ou bidonville. En 2013, ce sont 15 enfants de moins de 15 ans vivant à la rue qui sont décédées du fait de leurs conditions de vie.
Face à ces tragédies, nous sommes en droit de nous interroger sur la responsabilité des autorités, et notamment du maire de sécuriser les lieux de vie dangereux dans le cadre de ses obligations en matière de sûreté et de prévention des incendies sur sa commune. L’accès à l’eau potable – afin d’améliorer les conditions de vie des habitants et de réduire les risques d’incendies destructeurs -apparaît comme une évidence. L’accès à l’électricité et au ramassage des ordures doit aussi être assuré pour tous les habitants des bidonvilles. Ces droits sont reconnus tant par le droit français que le droit international.
Un rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants en France publié mardi 9 juin affirme que l’accès aux droits fondamentaux des enfants et adolescents des bidonvilles « est loin d’être assuré ».lire la suite
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Cazeneuve s’arroge le droit de blacklister des étrangers

Communiqué de presse de la Cimade et de Romeurope – 6 novembre 2014

Alors que l’adoption de la loi sur le terrorisme fait grand bruit, le gouvernement a discrètement su y glisser une nouvelle mesure sans aucun lien avec l’objet de la loi. Elle reflète une approche toujours plus sécuritaire des politiques migratoires. L’amendement, déposé à la dernière minute devant le Sénat, n’a même pas été présenté à l’Assemblée et n’a fait l’objet d’aucun débat. L’interdiction administrative du territoire (IAT) permet pourtant au ministre de l’intérieur d’interdire l’entrée en France à toute personne étrangère qui réside hors de nos frontières. L’exposé des motifs présenté par Bernard Cazeneuve justifie cette interdiction comme un outil de lutte contre le terrorisme et, curieusement, souligne exclusivement la nécessité d’interdire l’entrée à certains citoyens européens « liés à des mouvances radicales voire terroristes ». Mais à la lecture du texte de loi, toutes les personnes étrangères sont concernées, européennes ou non. Les garanties de procédures sont très fragiles et le mot « terrorisme » n’est même pas cité : il n’est question que de comportement susceptible de troubler gravement l’ordre ou la sécurité public.lire la suite
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La fin de la période transitoire pour les Roumains et les Bulgares en France : quels changements ?

Note GISTI -ROMEUROPE
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